Verdissement de l'industrie du câble - Parution du Livre blanc publié par le CSF Infrastructures Numériques

Verdissement de l'industrie du câble : le SYCABEL contribue au Livre blanc sur le verdissement des usines de câbles à fibre optique, publié par le CSF Infrastructures Numériques

 

Le SYCABEL a activement participé aux travaux du Groupe de travail Environnement du CSF Infrastructures Numériques qui viennent d'aboutir à la publication du Livre blanc visant à accompagner les sites industriels de câbles optiques vers le verdissement de leur production. Des axes concrets d'amélioration sont proposés.

 

Une industrie française stratégique

L'industrie du câble se distingue par une très forte implantation industrielle sur le territoire français, permettant à notre pays d'être un des leaders mondiaux du secteur, avec plus de 50% de la production exportée.

Dans le domaine des câbles de télécommunications, la France compte une demi-douzaine d'usines de fabrication de câbles à fibres optiques et deux entités de fabrication de la fibre optique.

 

UNE METHODOLOGIE COMPLETE EN TROIS APPROCHES

Pour mener cette analyse, le groupe de travail a combiné trois méthodologies complémentaires : l'Analyse du Cycle de Vie (ACV), l'analyse par scopes (1, 2 et 3) selon la méthodologie GHG/ADEME, et une analyse au plus près du processus de fabrication.

1. L'approche produit via l'analyse du cycle de vie (ACV)

L'étude d'un câble optique de 36 fibres révèle que 85% de l'empreinte carbone provient de la phase de fabrication, les 15% restants étant répartis entre la distribution, l'installation, l'utilisation et la fin de vie.

Le mix énergétique est facteur déterminant : l'intensité carbone de l'électricité utilisée lors de la production influe considérablement sur l'empreinte environnementale. Pour un même câble 36 fibres, l'impact carbone est :

  • 30% supérieur pour une production américaine
  • 48% supérieur pour une production chinoise
  • 85% supérieur pour une production indienne

Le choix du lieu de fabrication peut générer jusqu'à 399 gCO2-eq supplémentaires, soit un doublement de l'empreinte carbone par rapport à une production française.

Cette différence s'accentue avec les câbles à plus haute densité : pour un câble 144 fibres, l'empreinte est 1,7 fois plus élevée en Chine et 2,2 fois plus en Inde qu'en France.

 

2. L'analyse par scopes (1, 2 et 3)

Pour les usines de fibre optique :

L'énergie directement utilisée (scopes 1 et 2) représente une part importante du bilan carbone. L'accès à une électricité verte et faiblement carbonée constitue donc un axe majeur d'amélioration. 

 

  • Pour les usines de câbles à fibres optiques :

Le Scope 3 est prépondérant, avec les matières premières achetées représentant près de 80% du Scope 3. L'impact carbone de la fibre optique, principale matière première, se retrouve intégralement dans ce scope.

Les autres contributeurs significatifs (4 à 8% chacun) sont le transport et la distribution en amont, les biens d'équipement, le traitement en fin de vie des produits vendus.

 

L'ANALYSE AU PLUS PRES DU PROCESSUS DE FABRICATION

Cette approche, menée en étroite collaboration avec les industriels, a permis d'identifier trois enjeux spécifiques :

Énergie : La consommation d’électricité en kWh est de 5 à 10 fois supérieure à celle des autres sources (GPL, gaz naturel). Ces dernières, bien que minoritaires en volume, ont un impact carbone significatif car elles sont fortement carbonées.

Eau : La consommation d'eau dans les usines de câbles de communication est estimée entre 15 000 et 30 000 m³ par an, soit moins de 5 litres par km de fibre câblée. L'eau industrielle (75% de la consommation) est utilisée en circuit fermé pour le refroidissement.

Déchets : La problématique des déchets de câbles à fibres optiques est majeure. Contrairement aux câbles métalliques, ils ne sont pas valorisés et sont généralement enfouis. Ces déchets apparaissent lors de la production (défauts, longueurs trop courtes), lors de l'installation (chutes de chantier, probablement sous-estimées) et lors de la désinstallation (fin de vie).

L'étude identifie trois leviers d'action prioritaires de verdissement pour la filière :

Axe 1 : Énergie

  • Actions à court terme (1-2 ans) : Verdissement du parc d'engins de manutention
  • Actions à moyen terme (3-5 ans) : Utilisation d'énergie verte pour le chauffage des bâtiments et infrastructures

La France bénéficie d'un atout considérable avec son mix énergétique à faible intensité carbone. L'enjeu est de réduire l'utilisation des sources plus carbonées (GPL, gaz naturel) utilisées pour le chauffage et la manutention.

Axe 2 : Matière

Actions à moyen terme (3-5 ans) :

  • Favoriser les circuits d'approvisionnement courts
  • Augmenter le taux de matières premières recyclées, notamment les polymères
  • Diminuer les quantités de matières par une optimisation des designs

Ces actions nécessitent une collaboration étroite avec les clients et les organismes de normalisation pour adapter les spécifications techniques sans compromettre les performances ni la durabilité des produits.

Axe 3 : Valorisation des déchets

Action à long terme (5-10 ans) : Création d'une filière française de valorisation des déchets de câbles à fibre optique

Actuellement, la majorité des déchets de câbles optiques sont enfouis. Le développement d'une filière structurée de collecte, tri et recyclage est essentiel mais se heurte à plusieurs obstacles : la diversité des matériaux (polymères, verre, métaux), l'absence de filière organisée à grande échelle, la rentabilité économique incertaine.

Une étude approfondie des modèles de financement et une collaboration avec l'ensemble des acteurs (État, clients, industriels, fournisseurs) seront nécessaires.

Un enjeu triple : environnemental, social et économique

Cette démarche de verdissement s'inscrit dans une logique de développement durable en trois volets :

  • Environnemental : participer à la réduction de l'empreinte environnementale globale du numérique.
  • Social : maintenir cette industrie en France et donc les emplois directs et indirects dans les territoires.
  • Economique : assurer la viabilité d'une industrie soumise à une très forte concurrence internationale.

Le SYCABEL appelle à un réel engagement des donneurs d’ordre et des pouvoirs publics

La viabilité économique est clef pour investir dans le verdissement de l'industrie qui nécessite l'aide de l'État et des collectivités. Il est essentiel que l'aspect environnemental devienne un réel facteur de différenciation dans les appels d'offres.

Les performances environnementales ne doivent plus être considérées comme un simple atout supplémentaire, mais comme un critère central d'évaluation, au même titre que le prix et les performances techniques.

En effet, en privilégiant la production française, les acheteurs font le choix :

  • D'un impact carbone réduit de moitié par rapport aux productions asiatiques
  • Du maintien d'emplois industriels qualifiés sur le territoire
  • D'une économie circulaire de proximité

Face à une concurrence internationale où certaines entreprises contournent les exigences écologiques, un engagement fort des acheteurs et des pouvoirs publics est indispensable pour soutenir une industrie plus responsable.

Le SYCABEL a publié plusieurs ressources sur ces thématiques :

> Télécharger le Livrable 7 complet du CSF Infrastructures Numériques 

Le SYCABEL remercie le CSF Infrastructures Numériques et l'ensemble des contributeurs pour cette collaboration qui pose les bases d'une industrie française du câble plus durable.


 

Contact presse : Sylvie LE ROUX, Pressentiel, sylvie.leroux@pressentiel.fr

 

05/01/2026 17:11